Abrivado / Bandido

Tradition, Culture et Convivialité au Cœur de la Camargue.

Comprendre la fête taurine provençale à travers ses origines, ses règles et sa dimension sociale.

La bandido est une tradition taurine vivante, célébrée en Provence, Occitanie et en Camargue, qui consiste à simuler le retour des taureaux des arènes vers leurs pâturages en traversant les rues d’un village ou d’une ville. Bien plus qu’un simple spectacle, la bandido est l’expression d’une identité régionale forte et d’une convivialité partagée entre toutes les générations.

Histoire et évolution de la Abrivado/Bandido.

Le terme bandido vient du provençal bandir ou fòrabandir, signifiant « expulser », en référence au retour des taureaux vers les pâturages après la course. À l’origine, la bandido s’opposait à l’abrivado : une fois la course terminée, les gardians ramenaient les taureaux en effectuant le chemin inverse, des arènes jusqu’au pré.

Autrefois, de jeunes villageois tentaient d’amuser la foule en essayant de faire échapper les taureaux, une pratique qui a donné naissance au rôle des attrapaïres (jeunes ou moins jeunes) participants qui tentent d’attraper les taureaux, généralement par la queue ou les cornes, lors du passage du troupeau. Ce terme évoque les « casseurs d’abrivado » d’antan.

Au fil du temps, ces déplacements sont devenus des rituels codifiés, tout en conservant leur dimension festive et populaire. Depuis le XXe siècle, la bandido est un événement incontournable des fêtes locales, alliant spectacle, tradition et transmission culturelle.

Déroulement : étapes et variantes de la bandido.

La bandido se déroule généralement dans les rues principales, fermées ou pas pour l’occasion. Le cortège comprend plusieurs passages :

  • Les taureaux traversent d’abord seuls, encadrés au galop par deux ou trois gardians.
  • Puis ils passent en petits groupes, généralement deux par deux, entourés par davantage de cavaliers.
  • Il arrive que la manade offre un passage « à l’ancienne », où tous les taureaux sont menés ensemble, entourés par un cercle de gardians.
  • Les attrapaïres, postés le long du parcours, peuvent tenter de saisir les taureaux, dans la limite du respect de l’animal et de la sécurité. Des concours récompenseront parfois le plus habile d’entre eux.
  • Une variante appelée abrivado-bandido combine les deux parcours, avec le trajet aller (abrivado) en fin de matinée et le retour (bandido) plus tard dans la journée.

Rôles : gardians, attrapaïres et public.

  • Les gardians sont essentiels. Ils forment une « coquille » protectrice autour du troupeau .
  • Devant : 1 ou 2 cavaliers ouvrent la route et orientent le mouvement .
  • Sur les côtés : plusieurs gardians maintiennent les taureaux groupés et empêchent les échappées.
  • Derrière : d’autres cavaliers ferment la marche et poussent les animaux.
  • Les attrapaïres incarnent l’esprit de défi et de bravoure, tentant d’attraper les taureaux lors de leur passage. Leur rôle est autant sportif que folklorique.
  • Le public occupe les abords du parcours. Certains spectateurs téméraires essaient de casser la bandido, mais la majorité profite du spectacle dans une ambiance familiale et festive, respectant les consignes de sécurité.

Règles et conseils de sécurité

  • Respecter les animaux : ne jamais frapper, blesser ou provoquer violemment les taureaux. Aucun objet dangereux n’est autorisé. Le jeu repose sur l’agilité, jamais sur la force brute.
  • Respecter les gardians : ne pas gêner leur manœuvre, rester éloigné de leur trajectoire, surtout quand les chevaux sont lancés.
  • Respecter les zones interdites : ne jamais rester au milieu du parcours sans raison. Les enfants et personnes vulnérables doivent se placer derrière les barrières prévues à cet effet.
  • Adopter une attitude responsable, ne pas se mettre inutilement en danger.
  • Eviter l’alcool excessif, écouter les organisateurs, se réfugier rapidement derrière une protection en cas d’incident, rester calme et attentif.

En cas de passage du troupeau, mieux vaut rester immobile, collé contre la barrière ou le mur, bras protégés, et ne jamais courir devant un taureau.

  • Eviter de s’accroupir, en position basse, vous devenez moins visible pour l’animal et pour les gardians , vous risquez d’être percuté ou piétiné.
  • Vous avez moins de mobilité pour réagir si le taureau dévie ou si un cheval arrive derrière.
  • Accroupi contre un mur, vous êtes coincé sans issue.

Place dans les fêtes locales : lien social et implication de tous

La bandido tient une place centrale dans les fêtes de village du sud de la France. Elle rythme l’année et fédère la population autour de valeurs partagées. Chacun peut y trouver un rôle : les gardians perpétuent les gestes traditionnels, les attrapaïres relèvent les défis, les mairies et associations décorent les rues et organisent les festivités, tandis que les plus âgés transmettent leurs souvenirs et leur passion.

Ce rituel favorise la cohésion sociale et le dialogue entre générations. Il permet de tisser du lien, d’inscrire la tradition dans la modernité, et de rappeler à tous l’importance du vivre ensemble dans la joie et le respect.

Une tradition vivante, un patrimoine à préserver.

La bandido demeure l’un des plus beaux symboles de la culture camarguaise et provençale. Elle conjugue spectacle, sport, convivialité et transmission, tout en valorisant l’identité locale. Participer ou assister à une bandido, c’est vivre un moment unique, empreint de respect, de partage et de mémoire collective. Préservons ensemble ce patrimoine vivant, pour que les générations futures puissent, elles aussi, vibrer au rythme de la fête taurine.

« Passion taurine, l’esprit de la fête. »